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Histoire résumée de Bazoches

Le nom de Bazoches :

Il vient de la dénomination latine Basilica juxta braicum, ce qui n'implique pas du tout une proximité quelconque avec la ville de Bray, car à l'époque Romaine, Bray n'existait pas encore. La ville Romaine était à Jaulnes, lieu où la voie Romaine reliant Londres avec Rome, traversait la Seine.

Il fallait attendre le IX siècle pour que la ville de Bray exista. Donc Bazoches est située à coté du brai. Le brai est en Français une matière noire visqueuse ; le goudron de houille ou de pétrole. Comme ni l'un ni l'autre n'étaient connus, il s'agit d'autre chose. Les braies étaient aussi les pantalons des Gaulois. Il est fait là allusion à la terre noire extrêmement fertile des Marais que les Gallo Romains appelaient le brai .

Quant à Basilica, il s'agit de l'endroit où siégeait le basilius ; un magistrat qui rendait la justice.

Bazoches était donc un lieu où l'on rendait la justice à proximité du marais du bas-pays. Voilà l'origine du nom de notre commune.

Occupation du territoire:

Elle est excessivement ancienne et se confond avec l'immensité du temps passé puisque l'on trouve des bifaces ou céraunies dans toute la vallée de la Seine .La Seine a dû être jointe à l' Yonne dans un temps ancien , post glaciaire car on trouve dans les alluvions apportés par le fleuve des morceaux de granit rose .Mais il n'y a pas de granit rose dans le bassin de la Seine ,par contre c'est un minéral très courant dans le bassin de l'Yonne .C est la preuve que le confluent n'était pas à Montereau mais bien avant Bazoches à une époque reculée .Il a existé un village de cultivateurs et d'éleveurs sédentaires il y a 4000 ans à la limite ouest de Bazoches et de Balloy au lieu dit les Réaudins.

Chronologie:

En 451, les hordes d'Attila répandirent l'effroi, la terreur et la souffrance. Bazoches n'y échappa pas. Les diverses tribus qui composaient la population de la Gaule s'unirent pour combattre l'ennemi qui fût défait dans les plaines cataloniques (plateau entre Reims et Troyes).

En 888, les Normands remontent la Seine, malmènent Lutèce et sèment la désolation dans notre région. Suite à ces deux incursions d'envahisseurs barbares la population de la région s’organisa. On vit apparaître à cette époque des systèmes défensifs, des remparts et des poternes autour des villes et villages . Et dans toute la France s'érigèrent des mottes castrales protégeant les châteaux et les fermes.

Le premier seigneur de Bazoches dont nous ayons le nom était GIRARD. Il s'installa en 1253 dans la seigneurie des Hauts. Ses descendants administrèrent la commune durant 200 ans environ.

En 1417 suite au Shisme d'occident( un pape à Rome un autre en Avignon )passage à Bazoches des ambassadeurs du duc de Bourgogne suite au décès du pape Grégoire VI le siège papal étant vacant .Une double élection eut lieu en 1378 celle de Clément VII comme anti-pape en Avignon, celle d'Urbain VI à Rome par suite une double obédience partagea l'église catholique et cet état dura 39 ans pendant lesquels de doubles élections eurent lieu à Rome et en Avignon pour donner des successeurs aux deux papes.

Cette déplorable division excita des troubles religieux et provoqua la tentative de réforme faite par le tchèque Jan Huss, précurseur de Luther et Calvin plusieurs fois, les membres du clergé de France, la famille royale voulurent, par des entrevues en conférences, ramener l'union dans l'église Jean de la Trémoille ; la dernière conférence eut lieu en 1417 à la Tombe à mi voie entre Montereau et Bray dans un moustier de la Tombe. La conférence qui dura deux mois et à laquelle participaient l'archevêque de Reims, les évêques de Paris et de Clermont, Jean d'Harcourt ,ceux de la reine Isabeau et du duc Jean de Bourgogne, restés catholiques romains, partirent de Bray ; les principaux étaient l'archevêque de Sens, les évêques de Langres et d'Arras , et cela occasionna un va et vient au travers de Bazoches qui fut sollicité pour loger et nourrir une partie de tout ce monde là et induisit une forte activité économique pour la commune.

En 1493, une grande inondation due à une très forte crue de la Seine ravagea le bas pays. Les bêtes n'avaient plus de foin pour passer l’hiver. Les habitations de Champ Virlois et des Hautes Cominnes, de Tareau, de La Fontaine, de la Motte à Chambeau et du Bout des Voies furent toutes inondées. Il s'en suivit une grande famine

En 1589, le régicide Jacques Clément a traversé la Seine au gué de Dagournau lors de son voyage qui le conduisit à Paris pour aller assassiner le roi Henri III. Il aurait couché la veille au château de Champ Rond.

En 1636, ouverture du grand procès entre Bray et Bazoches qui plaida pour réclamer justice au sujet des pâtures. Les Braytois ayant pris l'habitude de faire paître leurs bestiaux dans les terres de Bazoches, le procès dura des années ; les Bazochois le gagnèrent. Et Bons enfants pour montrer aux Braytois qu'ils ne leur en voulaient pas trop , ils offrirent à Bray leur magnifique orgue pour lequel ils n'avaient plus d'organiste, c'est ainsi que la collégiale de Bray fut dotée d'un orgue aux qualités remarquables, il y est toujours en place.

En 1700, La motte de Rieux appartenait à François des Vaux. Son suzerain, la marquise d'Everly, l'assigna en justice pour non fourniture d'ouvrages dûs (corvée, taxes, et travaux divers, etc...). Elle gagna son procès et La Motte fût l'objet d'une saisie féodale. Elle devint alors la propriété de maître Huerne notaire à Bray

En 1750, le château de La Motte de Rieux fût détruit par un incendie. Il ne fût pas reconstruit. Il appartenait au marquis de Jodrillat qui possédait aussi le château de la Motte Tilly.

Le 15 septembre 1753, un grave incendie détruisit le village de Bazoches à cause de l'imprudence d'un forgeron qui laissa un fer rouge sur un tas de fumier. Même le clocher de l'église fût détruit; il fût reconstruit d'une forme différente à l'original et ceci changea la silhouette de l'église.

En 1775, l'épisode appelé guerre des farines durant lequel Turgot autorisant la liberté des prix sur les grains, provoqua une telle spéculation que les pauvres ne pouvaient plus acheter de pain qui était à l'époque l'aliment de base de l'alimentation humaine. Un Français en consommait 3 livres par jour en moyenne Bazoches eut à en souffrir cruellement

La révolution fut assez calme à Bazoches à tel point qu'une nouvelle cloche fut installée et consacrée en 1793, ce qui nous paraît presque extraordinaire.

En mars 1814, passage des Cosaques à Bazoches et occupation du village. Certains habitants enfermèrent les Cosaques en leur promettant de l'eau de vie dans les souterrains de Bazoches où ils trouvèrent une mort lente horrible perdus dans le noir

En 1816, pluie continuelle de juin à septembre ; perte du foin dans le bas pays. On fit du vin avec des prunelles (boisson malsaine et âcre).

En 1817, grande disette et famine. L'argent se plaçait jusqu'à 20% l'an.

Le 18 octobre 1823, second grand incendie déclenché par la bourre en papier d'un coup de fusil tiré vers des pigeons placés sur le faîte d'un toit de chaume d'une grange; coup tiré par Jean Louis Morin. Le feu, attisé par un vent qui tournait, envahit tout le village. C'est en vendant 650 ormes épars sur la commune que la somme nécessaire à la reconstruction du village fut trouvée.

En 1832, le conseil vota le « Règlement du Droit d'Usage ». Il consistait en ce que les habitants nés dans la commune, qui contractent mariage, auront accès et jouissance de biens communaux à partir de la date de leur mariage, les autres devant s'acquitter d'une taxe pour avoir ce droit.

Le 2 mai 1832, le choléra se déclare à Bray et à Bazoches. Le conseil vote un arrêté sur la salubrité publique.

De 1834 à 1836, opposition au dessèchement des pâtures de Bazoches et Mousseaux par la création d'un canal (Rû du Lavoir). Le projet fût mené à terme mais fût l'occasion d'un vrai pugilat entre les villageois de Bazoches et Mousseaux et le marquis de Balloy et son gendre.

De 1837 à 1838, construction de l'actuel bâtiment de la mairie pour une somme de 5 629,94 francs.

Le 8 août 1858 vote de la construction du lavoir.

Le 16 novembre 1863, délibération du conseil décidant de l'achat d'une baignoire qui sera mise à la disposition du public.

Le 24 octobre 1870, une aurore boréale, visible à Bazoches sur un arc de 80°, de couleur orangé, transparente dans sa partie supérieure, se perdait en bas dans des nuages sombres.

Le 13 novembre 1870, suite au conflit avec l'Allemagne, passage de Hessois; 4 à 5000 hommes d'infanterie passent à Bazoches et y bivouaquent 24 heures. Ils réquisitionnent pour 1823 francs de denrées diverses dont un boeuf.

En 1892, le phylloxéra fait son apparition dans le vignoble bazochois.

En 1895, polémique avec l'administration concernant l'indemnité dûe à Bazoches pour les emprises territoriales du canal de dérivation de Bray à La Tombe (surface 11 ha, 08 a, 99ca). L'administration propose royalement 24000 francs.

Le 4 mai 1895, une offre de 31 000 francs est faite. Mais d'après le travail de l'expert Maître Colas géomètre à Bray, l'indemnité devrait s'élever à 95 106 francs.

Le 27 février 1901, protestation de Monsieur Rauch, conseiller municipal, contre les lenteurs de la Haute Administration concernant :

  1. l'agrandissement du cimetière
  2. la construction de 3 ponts sur le nouveau canal de dérivation de la Seine :
  • pont de la Ruchelle,
  • pont du chemin de la Seine (route du Lavoir)
  • pont de Champ Morin. (vers Balloy)

La guerre de 1914/18 fit beaucoup de ravages parmi les enfants de Bazoches, témoin le monument aux morts situé au cimetière où l'on voit figurer tant de noms familiers et qui sont toujours ceux de nos contemporains.

La guerre de 1939/45 apporta également son lot de blessures et d'horreurs,

Le 23 novembre 1943, vers 21 h, au dessus de la Seine un Dornier de la Luftwaffe attaqué par un Lancaster de la royal air force, sévèrement touché en perdition, tenta un atterrissage de fortune dans les champs de Girardin, face à la Motte de Rieux.

La petite maison de la Motte fut occupée pendant 3 mois, le temps de récupérer les débris de l'appareil pour les renvoyer en Allemagne en sidérurgie.

Pendant des années des débris de métaux divers furent retrouvés dans les environs de l’impact.

Article rédigé par Alain BACLET.

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